Le massacre de Sainte-Radegonde

Lire tous nos articles sur la résistance dans l’Ouest Aveyron : www.aveyron-resistance.fr par Guy Calmels

Le départ des Allemands de Rodez qui ne contrôlaient plus le Rouergue rural fut préparé dès avant le 15 août. L’ordre de la retraite fut donné le 17 août par le général Johannes Blaskowitz, commandant du groupe d’armées G (Toulouse). La Légion d’Azerbaïdjan, en garnison à Rodez, qui avait des contacts avec la Résistance fit une tentative de révolte. Mais la capture, le 15 août, de l’agent de liaison entre les groupes Veny et les Azéris (et les Arméniens), Grégoire Romaniuk, entraîna l’échec de la tentative, l’arrestation de soixante officiers et sous-officiers et la mise en place, le 17 août, d’une cour martiale qui prononça, en fin d’après-midi, la condamnation à mort de dix-neuf Azéris. A Rodez, les préparatifs de retraite commencés depuis plusieurs jours se sont accélérés après le débarquement en Provence. Le 17 août, le Verbidungstab 802 reçoit l’ordre de faire retraite immédiatement derrière la ligne Seine-Yonne-Canal de Bourgogne. En début d’après midi , les allemands établissent des barrages autour de la ville avec mitrailleuses et chenillettes. Pour le transport des hommes et du matériel sont prélevés autocars, camions à gazogène, voitures hippomobiles etc…vélos. Les agriculteurs venus à Rodez pour affaires voient leurs montures et véhicules réquisitionnés .

C’est dans ce contexte que fut décidée l’extraction des détenus de la caserne Burloup, prison de la Sipo-SD et leur transfert, par camion, au champ de tir de Sainte-Radegonde.

A la tombée de la nuit, le 17 août, 30 prisonniers sont amenés par les Allemands à la butte de tir de Sainte-Radegonde et massacrés à la mitrailleuse par un détachement SS de la Luftwaffe venue d’Albi.

La Tragédie

La prison, installée dans les casernes Burloup, relève de la responsabilité de deux membres de la police de sécurité installée à Rodez :Stettien, chef des renseignements et le caporal-interprète Fienemann, dit « Le Grand-Luc ». Leurs convictions les conduisent à décider d’exécuter sans délai les trente prisonniers.

L’ordre doit toutefois être signé par le colonel Steuber. En fin de matinée, Stettien exige et obtient cette signature.

Le 17 août, à 18 heures des camions bâchés emportent, depuis la caserne de Rodez les trente prisonniers vers l’inconnu attachés deux par deux avec du fil téléphonique. En tête la voiture de la Gestapo Stettien et Fienemann. Ensuite la camionnette du Verdindungsstab sur laquelle se trouvent les trente détenus.fermant la marche le camion de l’armée de l’air sur lequel se tient le détachement du leutnant Brettnacher. Trente à quarante hommes allemands forment un demi cercle devant la butte au pied duquel a été creusé une tranchée et exécutent sommairement les trente prisonniers

Le capitaine Lieb qui commandait le bataillon de la Légion azerbaïdjanaise présent à Rodez refusa de fournir le peloton d’exécution. Ce fut un détachement d’un bataillon SS de la Luftwaffe récemment arrivé de l’Albigeois (Tarn) qui se chargea de l’exécution des trente prisonniers. Le caporal interprète de la Sipo-SD de Rodez, Fienemann, nazi convaincu, dirigea l’exécution. Les prisonniers furent exécutés entre vingt heures et vingt-et-une heures, à l’arme automatique (mitrailleuses ou mitraillettes, selon les sources), à demi enterrés dans une tranchée, liés deux à deux par les poignets avec des fils électriques. Ils furent sommairement enterrés, mutilés, certains encore vivants

Funérailles des fusillés présidées scandaleusement par le sinistre Monseigneur Challiol,

Pour vingt-sept des fusillés du 17 août 1944 de Sainte-Radegonde, sept d’entre eux étaient natifs de l’Aveyron

Alban Aldebert né le 5 août 1914 à Saint-Geniez-d’Olt (Aveyron), sergent chef au maquis Libération — ou maquis Lavernhe, ou maquis Arête-Saules — (AS), fut arrêté près de Séverac-le-Château (Aveyron) lors d’une mission.

Amans Georges Né le 3 juillet 1925 à Labastide-L’Évêque (Aveyron), Résistant, il fut arrêté le 22 juillet 1944 « pour menées anti-allemandes » et, emprisonné à la prison allemande de la caserne Burloup

Austruy Albert, Né le 5 décembre 1911 à Millau, Résistant (AS), fut arrêté le 26 juillet 1944 à Engayresque (Aveyron) pour ’transports de membres de la Résistance » (Douzou Roger et Caumes Henri)qui allaient intégrer le maquis AS « Arête et Saules » (ou « Libération ») implanté près de Séverac-le-Château

Bessoles Louis, Né le 1er mai 1911 à Rodez, arrêté par les Allemands, sans que l’on en connaisse, le lieu, la date et le motif.

Caumes Henri, Né le 23 septembre 1926 à La Roque-Sainte-Marguerite (Aveyron). Apprenti gantier à Millau, Henri Caumes décida d’intégrer le maquis AS Libération (ou Arête-Saule), près de Séverac-le-Château (Aveyron). Un transporteur à Millau l’amenait (avec un autre Millavois) au maquis lorsqu’ils furent arrêtés le 26 juillet à Engayresque (Aveyron) par la police allemande.

Krol Jean, Né le 11 juillet 1926 à Cransac, mineur, résistant, il fut arrêté par les Allemands et transféré à la caserne Burloup de Rodez

Loubière Fernand, né le 16 février 1910 à Centrès (Aveyron). Gardien de la paix à Rodez. Il fit partie du groupe franc ( GF) de Rodez et fut arrêté le 29 juillet ou le 1er août 1944 par des SS dans un autobus, entre Rancillac, Naucelle et La Primaube . Il était alors chargé d’une mission par son groupe.

Dix-neuf des martyrs de Sainte-Radegonde étaient natifs d’autres départements

Barré Robert, né le 2 avril 1925 à Vierzon (Cher), en juillet 1944, il était garçon d’hôtel à Souyri, commune de Salles-la-Source .
Résistant, il fut arrêté à Millau (Aveyron) le 14 juillet 1944 après dénonciation d’une jeune femme. Il était porteur d’un sac contenant deux revolver et 150 balles.

Blasi Louis, Né le 7 août 1891 à Torreilles (Pyrénées-Orientales). Révoqué par Vichy le 17 août 1941 pour appartenance à la franc-maçonnerie (loge de La Libre pensée de Carcassonne). agent du réseau Gallia, il devint, en 1943 suspect à la Gestapo. Le réseau Gallia en fit donc un agent P2 permanent et « volant ». Il effectua diverses missions de renseignement sur la côte méditerranéenne. Ayant changé de secteur et ayant été affecté dans le département de l’Aveyron en octobre 1943, Il fut arrêté le 14 juin 1944 par la SIPO-SD dans un café près de la gare de Rodez (Aveyron) pour « menées anti-allemandes »

DELAIRE René, Marc [alias « Marcel » pseudonyme de résistance]. Né le 19 août 1922 à Montrouge (Seine, Hauts-de-Seine). employé de banque replié dans l’Aveyron, résistant, il appartenait à un groupe franc de l’AS de ce département. Delaire fut arrêtés le 15 juin à Saint-Victor-et-Melvieu (Aveyron) lors d’une importante réunion des chefs de l’AS (Armée secrète)

DEVILLERS Edmond,Henri, Gabriel, Né le 22 juillet 1915 à Roubaix (Nord). Ingénieur, travaillait pour la société électrique Sorgues-et-Tarn qui avait son siège à Saint-Affrique (Aveyron). Il s’engagea dans la Résistance et était, en 1944, membre du directoire départemental des MUR. Il fut arrêté le 8 août 1944 par un détachement des troupes d’occupation « pour papiers suspects trouvés en sa possession », dans le véhicule qui transportait on trouva des papiers compromettants sur lui et incarcéré à la caserne Burloup.

DERDERIAN Garabed. Né le 3 novembre 1909 à Erzeroum (Empire ottoman / Turquie); Arménien naturalisé Français, il résidait au Puy-en-Velay (Haute-Loire) et était marchand forain en Haute-Loire, dans l’Aveyron. Résistant, ,t Puylaurent (Lozère) par des agents du SD. Il étais sans doute des MUR et/ou de l’AS du chef-lieu de la Lozère. Il participa à des opérations spéciales afin d’établir le contact entre la Résistance et les Soviétiques en cantonnement à Mende. , il fut arrêté début juillet 44. interné du 10 juillet au 17 août 1944. Dans un premier temps, il fut emprisonné avec sa femme à la maison d’arrêt de Mende. Il fut ensuite transféré à Rodez (Aveyron) et fut torturé par la Sipo-SD et incarcéré à la caserne Burloup.

DOUZOU Roger, Né le 1er avril 1924 à Nîmes (Gard), fut arrêté le 26 juillet 1944 à Engayresque, à proximité de Séverac-le-Château (Aveyron) par la Sipo-SD « pour menées antiallemandes ». En effet, il partait s’engager au maquis AS Libération (ou Arête-Saule) implanté près de cette localité. Il fut incarcéré à la caserne Burloup.

Maurice Éthève né le 14 août 1905 à Arrènes (Creuse) était lui aussi ingénieur à la société Sorgue-et-Tarn à Villefranche-de-Panat (Aveyron). Résistant FTPF (4205ème compagnie). Il fut arrêté le 9 août 1944 par un détachement des troupes d’occupation avec Devilliers Edmond à La Primaube « pour papiers suspects trouvés en sa possession » 

FRAISSE Maurice [souvent écrit FRAYSSE], Né le 22 septembre 1907 à Lodève (Hérault), il habitait à Rodez, boulevard Laromiguière, café de l’Agriculture. Résistant, porteur de tracts clandestins, Maurice Fraisse fut arrêté le 13 juillet 1944 à Rodez (Aveyron) pour « menées anti-allemandes ». et Incarcéré à la caserne Burloup.

HAAG Marcel, Henri, Né le 15 mai 1912 à Pompay (Meurthe-et-Moselle); Marcel Haag était en 1944 membre du groupe franc de Cransac (Aveyron). Il fut fait prisonnier par les Allemands au combat des Albres-Montbazens le 21 juillet 1944, avec Esteban Bravo et ladurelle Felix et transféré à la caserne Burloup.

LADURELLE Félix Né le 16 janvier 1910 à Piennes (Meurthe-et-Moselle), ouvrier à Cransac (Aveyron) ; résistant (GF et /ou FTPF). Le 21 juillet 1944, Ladurelle participa au combat entre l’armée allemande et des maquisards entre Les Albres et Montbazen, fait prisonnier avec Haag Marcel et Esteban Bravo, il fut incarcéré à la casere Burloup

Maurice Laignel : 37 ans, plombier. Né le 21 septembre 1906 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, Val-de-Marne). Artisan à Salmiech il fut arrêté comme otage à Cassanhes-Begonhès (Aveyron) par le groupe de la 11e division de Panzer qui, venait de Carmaux

Laromiguière Robert, Né le 22 septembre 1911 à Saint-Félix (Lot),Membre du groupe franc (AS) de Cransac (Aveyron) localité du bassin houiller de Decazeville, Robert Laromiguière fut arrêté à la mi-août 1944 près de Montbazens (Aveyron) pour « menées anti-allemandes ». Il a été revendiqué aussi par les FTPF car son nom figure sur la plaque commémorative des FTPF de Cransac.

Lavernhe Roger, Né le 17 août 1923 à Paris (5e arrondissement). Domicilié à Privezac , il intégra le maquis « Du Guesclin » (AS/MUR) implanté dans le secteur compris entre Rignac, Montbazens et Villefranche-de-Rouergue. Le 5 mai 1944, il participa à une action du maquis Du Guesclin à Saint-Félix. Blessé au combat, Lavergne réussit à gagner La Mouline et admis à l’hôpital de Rodez. Les Allemands l’y firent prisonnier et le gardèrent jusqu’ à ce qu’il fut rétabli. Il fut alors emprisonné à la caserne Burloup,

Mattys Marcel, é le 18 août 1927 à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise ; Yveline. Il faisait partie des « commandos Hubert », une formation active d’abord près de Montredon (Lot), à proximité du Cantal et de l’Aveyron. Le 23 juin 1944, un groupe de jeunes maquisards des commandos Hubert — dont Marcel Matthys — fut encerclé au lieu-dit Lavayssière. Voir la tragédie de Lavayssière . Vingt-et-un maquisards y furent tués et onze furent faits prisonniers dont sept furent fusillés le soir même près du crassier de Capdenac-Gare (Aveyron) et quatre faits prisonniers, dont Marcel Matthys qui fut emprisonné à la caserne Burloup.

MERLE Paul, Armand [pseudonyme dans la Résistance), Né le 28 mai 1924 à Sauvagnat-Sainte-Marthe (Puy-de-Dôme),

Muller Raymond, Né le 9 janvier 1909 à Béziers (Hérault). Muller fit partie du groupe franc ( GF) de Rodez. Il fut arrêté le 29 juillet 1944 par des SS dans un autobus, entre Rancillac, Naucelle et La Primaube . Il était alors chargé d’une mission par son groupe. Il fut arrêté en même temps que Fernand Loubière qui fut lui aussi fusillé à Sainte-Radegonde.

Mulot Paul, Né le 17 janvier 1920 à Mirecourt (Vosges). Il gagna le maquis du Morillon (Vosges). En août 1943, son groupe fut trahi. Après un parachutage, le maquis fut encerclé. Mulot réussit à échapper à la police allemande qui encerclait le maquis.Il put rejoindre l’Aveyron où se trouvait l’un de ses amis du maquis du Morillon. Du 6 au 12 juin, il agit avec le maquis AS « Stalingrad » (que certaines sources, se fiant à sa seule dénomination, donnent comme étant FTPF, ce qui suggère que Mulot ait intégré cette formation) implanté depuis janvier 1944 dans la région de Baraqueville sur le Ségala. Il fut arrêté le 19 juin 1944 par une colonne allemande de Rodez sur la route entre Réquista et Villefranche-de-Panat. Mulot transportait des armes dans sa voiture. Ayant abandonné son véhicule, il s’enfuit à travers champs. Il fut rattrapé, arrêté puis incarcéré à la caserne Burloup de Rodez.

Thévenon Albert, né le 27 novembre 1922 à la Tour-du-Pin (Isère). Réfractaire au STO il se replia dans l’Aveyron après avoir quitté La Tour-du-Pin le 9 mars 1943. En contact avec l’AS du Sud-Aveyron, Thévenon intégra le petit maquis d’accueil et d’orientation du Monna créé près de Millau (Aveyron) en novembre 1942. IL devint le responsable de groupes francs actifs dans le Sud-Aveyron. Lui-même était à la tête d’un commando qui menait des opérations contre la Milice et se livrait à des sabotages. Thévenon fut arrêté le 15 juin à l’hôtel Montrozier de Saint-Victor-et-Melvieu localité du Sud-Aveyron, lors d’une importante réunion des chefs de l’AS (Armée secrète)

Wormser Paul, né le 11 juillet 1905 à Colmar, chirurgien-dentiste ,Il avait été champion de France universitaire d’escrime à l’épée (1927) médaille de bronze par équipe d’escrime à l’épée aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936. Réfugié dans l’Aveyron s’était intallé au château de Neyrolles près de Saint-Géniez d’Olt (Aveyron). Le 17 juillet 1944, il fut volontaire pour soigner des maquisards blessés. Le 19 juillet 1944, il se rendit au carrefour de la Quille, sur la RN n° 88 à un kilomètre de Neyrolles, où, après une tentative d’évasion, les troupes d’occupation avaient tiré sur des résistants et en avaient achevé un. Les Allemands le prirent pour un maquisard, l’arrêtèrent à Lassouts le 19 juillet et l’emprisonnèrent à Rodez à la caserne Burloup.

Il y avait aussi quatre résistants de nationalités étrangères : Un résistant était aussi un persécuté racial parce que Juif (Wormser) : Alsacien, ce proscrit avait trouvé un refuge dans le Rouergue rural profond. Enfin un résident de l’Aveyron et de la Haute-Loire, un Arménien né dans l’Empire Ottoman, était naturalisé Français.

Bravo Esteban, Né en 1920 à Cifuentes (province de Guadalajara, Espagne). Mineur du bassin de Decazeville, il était un militant clandestin du Parti communiste d’Espagne (PCE) et participa à la Résistance. Bravo était membre de l’Agrupación de guerrilleros españoles (AGE) créée à l’initiative de l’organisation du PCE en France. Il appartenait à un groupe franc de Cransac; Lieutenant, était le responsable du « renseignement ». Le 21 juillet 1944, il participa à un combat entre l’armée allemande et des maquisards entre Les Albres et Montbazen; Bravo fut blessé et arrêté les armes à la main avec Haag Marcel et ladurelle Félix et incarcéré à la caserne Burloup. et .

Romaniuk Grégoire, Ne le 30 mai 1912 à Kobyla (Pologne). Résistant, Romaniuk servait d’interprète et d’ agent de liaison entre les groupes Veny et des éléments azéris et arméniens en garnison à Rodez. Il fut arrêté le 15 août 1944 par un groupe d’Allemands alors que des Azéris de la garnison de Rodez avec qui il était en contact étaient en train d’organiser une révolte préparant leur ralliement à la Résistance et Incarcéré à la caserne Burloup.

Weingardt henri, né le 30 juillet 1922 à Ottweiler (Allemagne, Sarre),Allemand résidant à Decazeville où il travaillait comme manoeuvre, Weingardt fut arrêté en 1944 à une date date indéterminée pour un motif inconnu.

Romanowski Zeon, né le 20 décembre 1904 à Rozana (?) en Pologne. On ignore le lieu, la date et le motif d’arrestation.

Le Châtiment

Pendant la nuit du 17 au 18 août 1944, les forces allemandes (1500 hommes au moins : 119e RI de la Luftwaffe, Ost Legion, Feldgendarmerie, police) quittèrent Rodez après avoir brûlé les archives de la Sipo-SD, et fait sauter les dépôts de munitions de la caserne Burloup. Cette colonne prit la direction de la Primaube et de Millau dans la perspective de gagner le Languedoc méditerranéen et, de là, la vallée du Rhône..

Les attaques successives de l’aviation américaine et des maquis causèrent de lourdes pertes aux allemands. Le 30 août 1944, une attaque sur une route encaissée fut particulièrement violente et dispersa ce qui restait de la colonne. 300à 400 azerbaidjanais avaient disparu en cours de route.Dans la soirée, un nouveau regroupement fut possible mais le lendemain, dans un vallon prés de Brunes dans l’ardèche, des chars américains appuyés par des forces importantes du maquis achevèrent la destruction de la colonne.

Le colonel Steuber, le commandant Reiner, agitèrent le drapeau blanc et se rendirent.

Au regard des exécutions des trente victimes de Sainte-Radegonde et des Caucasiens à Rodez les FFI de l’Ardèche fusillèrent le 3 septembre 1944 à Val-les-Bains L’Orberst Steuber, le major Reisener et le Hauptmann Lieb ainsi que 60 azerbaidjanais .

La tragédie aurait-elle pu être évitée

Un fort questionnement face à l’inaction de la résistance lors de l’évacuation de Rodez par les Allemands allait se poser : Une action offensive sur Rodez aurait-elle pu éviter le massacre de Ste Radegonde ?
Comment expliquer l’inertie de la résistance AS et O.R.A et Veny le 17 quand ils furent avertis que le complot des Vlassofs avait échoué, que les Allemands se préparaient à quitter la ville  et qu’aucune embuscade
ne fut organisée dans les causses quasi déserts que les occupants devaient traverser pour gagner la plaine languedocienne ??? Il semble que ces résistants étaient plus préoccupés de s’emparer de la
place laissée par l’effondrement du régime de Vichy que de chasser
l’occupant.

Ainsi , dans l’après midi du 17 août, L’Etat-major CFL mis au courant du départ imminent des allemands de Rodez prépara en collaboration avec un officier de L’EM de l’ORA et les chefs un plan d’investissement de la ville. On fit venir les maquis de tous les environs dans le but d’occuper la cité après le départ des Allemands et surtout avant l’arrivée des FTPF. Donc les FTPF et les guerrilleros Espagnols , même ceux qui reconnaissaient l’autorité du chef départemental des FFI (comme le maquis FTPF de la Bessade) ne furent mis au courant de cette opération.

Les FFI de Rodez, avertis de la veille du départ des allemands se gardent bien d’en informer « Marc » et ses FTPF.

« Le soir où les allemands ont évacués Rodez, les FTPF de « Marc » ont interceptés une communication téléphonique qui disait « Les allemands se préparent à évacuer Rodez, préparez vous à venir et l’occuper et surtout que « Marc » n’en sache rien » le plus triste dans cette affaire , c’est que trente emprisonnés de Rodez et soixante « vlassof » prêts à fuir ont été massacrés avant leur départ »

Le Maquis d’Ols « de l’Aveyron au Danube »page 38

La fraction « modérée » et socialisante qui venait de réussir à imposer son candidat à la direction départementale des FFI et à la présidence des FFL voulait s’emparer maintenant du siège du pouvoir, la préfecture.

A Rodez, cité administrative et commerçante, de droite franchement réactionnaire depuis toujours, les FTPF y étaient peu implantés et la garnison allemande s’était retirée sans problème vers la vallée du Rhône. Les consignes de De GAULLE : »La libération nationale qui ne peut pas être séparée de l’insurrection nationale » n’ont pas troublé outre mesure les chefs Veni et CFL qui, au contraire ont félicité les groupes qui au lieu de combattre et poursuivre le allemands ont pénétré les premiers dans Rodez pour s’assurer du contrôle de toutes les administrations. Cette priorité donné non à la lutte mais à la conquête des édifices publics procédait d’une tactique murement réfléchie définie par **Durenque membre du directoire des M.U.R et chef départemental FFI. « Il ne s’agissait pas de la levée en masse contre les boches avec des bâtons mais bien de préparer la prise du pouvoir à son départ contre l’autorité de Vichy. A mon sens, la seule chose devant être facilitée par le seul départ du boche, l’autorité vichissoise n’étant soutenue que par l’occupant »

Le procès de Toulouse (1951) :

Ce furent deux membres du SD de Rodez qui avaient pris l’initiative du massacre : Stettien chef des renseignements de l’Aveyron et le caporal interprète Fienemann (alias « le Grand-Luc »). Ils convainquirent le colonel Steuber chef de la Kommandantur de Rodez de donner l’ordre de l’exfiltration de prison puis de l’exécution des trente. Au procès de la « Gestapo » de Rodez (Toulouse, 6-11 juin 1951), Fienemann fut condamné vingt ans de bagne et vingt ans d’interdiction de séjour pour sa responsabilité dans le massacre de Sainte-Radegonde. Ce verdict provoqua des remous en Aveyron. Les habitants de Rodez conservaient le souvenir de l’homme terrible, cruel et fanatique qu’était Fienemann, présent dans la ville à partir de l’automne 1943.





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