Ouest Aveyron-8 juin, la tragédie de Gabaudet

Lire tous nos articles sur la résistance dans l’Ouest Aveyron : www.aveyron-resistance.fr par Guy Calmels

Gabaudet était un lieu de rassemblement de tous les jeunes gens de la région (du Lot mais aussi de l’Aveyron) qui, fuyant le STO, passaient dans la clandestinité. Le choix de ce lieu a été déterminé par son isolement, loin de toute voie importante de communication, d’accès difficile par les chemins, dans un secteur qualifié de calme. Gabaudet, rattaché au poste de commandement F.T.P.F cantonné à  Escazal, à la ferme Lafon, près d’Espédaillac, est placé sous la protection des maquis  France  et  Gabriel Péri. Malheureusement, cette protection se trouva réduite les 7 et 8, une partie de l’effectif étant envoyé en renfort vers Bretenoux où une compagnie de l’Armée secrète de Corrèze se trouvait en difficulté lors de l’attaque d’une autre colonne allemande remontant vers la Normandie.

Sur dénonciation du gendarme Bonaventure de Gramat et guidés par un avion de reconnaissance, le 8 juin vers 19 heures, la ferme est encerclée par une colonne blindée de chars, chenillettes et soldats Waffen SS appartenant à la 2e SS-Panzer-Division « Das Reich » venue de Figeac. Ils déclenchent un feu nourri de mitrailleuses et mortiers et en même temps cernent le camp. Pour les maquisards surpris, souvent arrivés la veille, c’est la débandade. Beaucoup tombent tués ou blessés. Ces derniers seront achevés à la baïonnette. La moitié réussit à s’échapper. Descendu de leurs chars, les allemands entreprennent un massacre méthodique des hommes qui croyaient pouvoir se rendre. Ils incendient la ferme et mitraillent ceux qui tentent de sortir. Tous les blessés qui ne peuvent pas fuir sont exterminés, sans exception.

On dénombrera 35 corps mutilés, carbonisés civils ou FFI. Quelques 70 maquisards et paysans furent capturés , la plupart déportés et peu connurent la fin de la guerre. Arrêté fortuitement le 8 au soir par le maquis ORA de l’Alzou, le gendarme dénonciateur reconnu avoir fourni à des agents allemands de Capdenac les renseignements leur permettant d’investir facilement le camp de Gabaudet ; Il a été exécuté.

C’est cette colonne qui, à Gramat, arrête une traction, tue le chauffeur et envoie le passager, Malraux, chef d’un maquis fantôme, à la prison St Michel de Toulouse.(voir Malraux résistant ?)

Itinéraires de la Das Reich (Sans dénonciation, comme dans beaucoup de cas, les allemands n’auraient pas eu à connaître Gabaudet.)

Liste des victimes à Gabaudet :

Volontaires FFI
Baillot René, Beaumont Pierre, Bordes Marcel, Contesenne Roger, Couhot Claude, Cremoux Jean, Darnis Pierre, Depré Jean, Descole Jean-Henri, Dupui Bernard, Forestier Fernand, Galarzac(Alonso Bollo), Joliton Martial, Lafon Jean-Pierre, Lascombes Roger, Maury Jean-Louis, Pack, Pierret Raymond, Plantié Lucien, Teisseyre René, Thamié Claude, Vernaujou Roland, 3 inconnus et des disparus.

Civils
Joutet Denise, Joutet Antonin, Thamié Jacques, Gauthier Antoine. Jean Baptiste Flamier.

jacques Thamié, 60 ans, qui n’avait pas voulu s’enfuir à l’approche de la colonne allemande, est retrouvé mort contre le mur de la grange

Denise Joutet est aperçue dans un champ par les SS qui la mitraillent sans hésitation.

Antonin Joutet, manœuvre auxiliaire à la SNCF au dépôt de Capdenac (Aveyron) depuis mars 1944. fut lui aussi abattu au lieu dit Donnadieu par les allemands avant d’atteindre le camp de Gabaudet

Antoine Gauthié, 80 ans, est la première victime civile, à Issendolus.
En passant au hameau Donadieu, 800 mètres plus loin, sur la route de Gramat, les Allemands abattirent Jean-Baptiste Flanier qui voulait libérer les bêtes de sa grange que les Allemands allaient brûler.

On peut s’étonner qu’une unité allemande soit arrivée à surprendre un maquis de 200 hommes sans que l’alerte puisse être donnée.

Le débarquement avait eu lieu deux jours auparavant, le pays était en effervescence. C’était la ruée vers le maquis et bien sûr, les structures d’accueil n’existaient pas. La veille, 200 jeunes gens provenant de tous les bourgs de la région (Figeac, Saint-Céré) et de l’Aveyron, s’étaient rassemblés là, pas encore organisés et armés. La journée du 8 juin s’était écoulée entre fièvre et insouciance, toute entière occupée à l’installation, à l’habillement et à la première instruction.

Dans la soirée, harassées, les jeunes recrues regagnaient leur couche de paille dans la vaste grange, quand la ferme fut assaillie par l’arrière.

Mais là comme ailleurs, sans délateur, les allemand n’aurait pas eu à connaitre ce camp loin de tout axe de circulation et d’accès difficile par les chemins,

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