Lire tous nos articles sur la résistance dans l’Ouest Aveyron : www.aveyron-resistance.fr par Guy Calmels

Les chantiers de jeunesse (CJF) sont une organisation paramilitaire française qui a existé entre 1940 et 1944.
La défaite française et l’armistice du 22 juin 1940 entérine la suppression du service militaire obligatoire en France. Mais la dissolution de l’armée française pose alors le problème de la démobilisation des jeunes recrues incorporées. Aussi, le 4 juillet 1940, le ministre de la Guerre, Louis Colson, confie au général de La Porte du Theil le soin de prendre en charge ces éléments. Le 30 juillet 1940, les Chantiers de jeunesse sont créés et le 1er août 1940, les premières jeunes recrues sont affectées, pour une durée de six mois, aux « Groupement des jeunesses françaises ». Ces groupements sont rattachés à la direction de la Jeunesse du ministère de la Jeunesse et de la Famille. Le 8 janvier 1941, le Secrétariat général à la Jeunesse est lui-même rattaché au secrétariat d’État à l’Instruction publique.
La nouvelle institution se structure progressivement. Deux lois du 18 janvier 1941 établissent un stage obligatoire de huit mois, remplaçant le service militaire, dans les « Chantiers de la jeunesse » pour tous les citoyens français, et créent un Commissariat général des Chantiers de la jeunesse rattaché au Secrétariat général de la Jeunesse. La loi du 5 mars 1943 place les Chantiers sous l’autorité directe du chef du Gouvernement.
Mais les Chantiers deviennent peu à peu suspects aux yeux des Allemands qui les considèrent comme des lieux où peuvent se former la résistance. Après l’arrestation du général de La Porte du Theil, les Chantiers passent sous le contrôle du ministre du Travail et de la Production industrielle, Jean Bichelonne. Ce changement accentue leur transformation en un vivier de main-d’œuvre au service de l’occupant en France comme en Allemagne.
Les Chantiers de la jeunesse sont finalement dissous le 10 juin 1944. On estime le nombre de personnes passées par les Chantiers entre 300 000 et 500 000. Parmi eux, environ 16 000 jeunes ont été envoyés directement au Service de travail obligatoire (STO).
Les chantiers de jeunesse ont servi dans leur grande majorité la « révolution nationale » de Pétain , favorisé le STO et , contrairement à une idée répandue par les anciens, il n’y a virtuellement aucun fondement au fait qu’en Aveyron les Chantiers auraient été une sorte d’armée secrète, pas plus qu’ils auraient pu servir un quelconque but spécifiquement militaire . En résumé, de la résistance qu’à la marge dans les chantiers de jeunesse et servit de tremplin pour le STO et par et à dénoncer les réfractaires et les résistants.
Pour les aveyronnais,situation des camps (entre autres):
- Aguessac (Aveyron).
- Saint-Affrique (Aveyron)
- Saint-Pons (Hérault)
- Lodève (Hérault)
- Toulouse (Haute-Garonne).
- Argelès sur Mer

Le Messager Saint Africain 17 0ctobre 1942
