Lire tous nos articles sur la résistance dans l’Ouest Aveyron : www.aveyron-resistance.fr par Guy Calmels
Légion des anciens combattants

S’appuyant sur les associations d’anciens combattants de la grande guerre, la « Légion des Anciens Combattants » est créée par la loi du 29 août 1940 et représente les partisans inconditionnels du maréchal Pétain qui lui assigne comme mission de « régénérer la Nation par la vertu de l’exemple du sacrifice de 1914-1918 ». et d’être le meilleur instrument de la révolution nationale . Elle est partout le fer de lance de l’épuration politique qui aboutit au remplacement de centaines de municipalités et bien au delà de ce qu’exigeait la loi du 16 novembre 1940 qui limitait le remaniement aux villes de plus de 2000 habitants.On lui doit des milliers d’enquête sur les personnes qui parfois se sont conclus par des internements emprisonnements et pire. La légion est une imprégnation militariste de la société dont l’armée est le modèle opposé à l’ordre démocratique. Elle est l’expression des droites radicalisées dans les années trente et soucieuses de revanche soit contre le Front populaire, soit contre la république. Les cléricaux réactionnaires y occuperont les positions principales. L’église et les évêques la soutiendront publiquement.




L’actuel café des colonnes abritait le siège de la Légion


Dans l’Aveyron, sa composition sociologique vient essentiellement du monde agricole majoritaire, des commerçants et artisans, des professions libérales et écclesiastiques). Pierre Mignonac négociant de Rodez (Conseiller municipal de Rodez, tendance PDF, parti politique français de droite conservatrice à tendance nationaliste fondé le 7 juillet 1936 à la suite de la dissolution des Croix-de-Feu,) est nommé président de l’Union départementale

En octobre 1940 : 350 sections communales (307 communes en Aveyron) , dans les plus grandes villes, il y a plusieurs sections. L’analyse de la liste des présidents des 305 sections communales de la légion en Aveyron au 31 décembre 1941 permet de constater sans surprise une nette majorité d’anciens combattants de 1914/1918. De nombreux présidents(44 %) occupent des fonctions d’élus. On compte parmi eux 52 maires, 11 adjoints, 72 conseillers municipaux. 41 de l’ensemble sont issus du monde agricole , puis des commerçants et artisans (12,5 %), des membres des professions libérales (Notaires ,avocats ,médecins des esclésiatiques et des militaires. A l’occasion de la fête du 1 er mai 1941 à Decazeville, un rapport note « Pas d’ouvriers, pas de mineurs, une tiédeur suspecte à l’égard de la Légion »(ADA ,11 MC 7 20)
Le 11 févr 1942 Mignonac est remplacé par le colonel Bernon (Colonel de réserve et ardent soutien de l’Etat français, ancien président des croix de feu de Rodez. Il fut appelé à Vichy pour gérer les Chantiers de Jeunesse après l’arrestation du général de la Porte du Theil . Au cours de l’occupation, la légion perdra l’essentiel de ses adhérents, passant de 16000 à un peu plus de 3000 en 1944.
Service d’ordre légionnaire (SOL)

A l’été 1941 est créé le Service d’ordre légionnaire (SOL) qui est une organisation politique et paramilitaire de choc du régime de Vichy, créé à l’été 1941. Il est le précurseur de la Milice française, créée en janvier 1943. organisation de choc ouverte aux membres de la Légion française des combattants. Ce SOL prône le culte du chef, le rejet de la démocratie, l’antisémitisme, mais aussi la collaboration avec l’occupant bien illustrés par le serment officiel : « […] je jure de lutter contre la démocratie, la lèpre juive et la dissidence gaulliste »Les adhésions de ce SOL seront de quelques 200 en Aveyron. A la libération, dissoute, là encore la Légion des anciens combattant n’a pas été visée par l’épuration judiciaire, trop de gens s’y sont égarés. * La Légion comprend dans le département de l’Aveyron environ 20000 adhérents (note des RG. 14-02-1943. ADA 201 W 73).

